TOWNHOUSE

Création d'un duplex, Paris 17e

 

Dans le XVIIᵉ arrondissement de Paris, les trentenaires Carole et Robin ont acheté il y a quatre ans un appartement de 45 m2, grand deux-pièces à l’ancienne, avec chambre, salon, cuisine et bains cloisonnés. L’appartement, au rez-de-chaussée d’un hôtel particulier XIXeme avec jardin privatif et terrasse, a beaucoup de cachet avec ses portes en bois massif, ses poignées émaillées, ses moulures, cimaises et rosaces coulées sur place. Quand la famille s’agrandit, plutôt que de déménager, ils ont l’opportunité de garder ce bien d’exception et d’acheter un studio au premier étage pour y aménager la chambre des garçons.

 

Notre mission initiale consistait à créer un passage afin de rattacher les deux appartements. Mais rapidement, la problématique ne se réduit pas à créer un simple escalier. Il faut revoir toutes les circulations, ce qui implique de casser un porteur. Il est aussi nécessaire de maximiser les rangements pour préparer cet appartement à une vie de famille. Et enfin, gérer un problème d’humidité persistant. En tout, six mois d’étude puis six autres mois de chantier pour que les deux appartements se transforment en coquet duplex, semblable à une petite maison de ville.

 

 

Lieu: Paris 17e

Superficie:    70 m2

Budget:  130 000 €

Mission:  Complète

Photographe: Giaime Meloni

 

 

 

Atelier Sagitta

Architecture, Intérieurs & Mobilier

Déplacer l’entrée a supposé casser une partie d’un mur porteur… et donc réaliser une demande auprès de la copropriété. L’architecte d’intérieur Tristan Ponsot a réfléchi cette ouverture de sorte à aligner la fenêtre de la chambre des parents avec l’une de celle du salon. Ainsi, la vue traverse l’appartement de part en part, du côté rue au côté jardin, de même que la lumière.On entre désormais dans un petit sas qui dessert, à gauche, la chambre parentale et, à droite, la grande pièce de vie composée de la cuisine et du salon. Dans ce sas, le plafond a été volontairement abaissé pour créer un cocon. La peinture d’un marine presque noir renforce l’impression de boudoir et sert à scénariser l’espace.

 

Sur le nouveau mur de l’entrée qui dissimule la salle de bains, une niche et deux placards à la porte en stratifié ont été créés. Pratiques pour poser les clés, ranger des vestes et des chaussures

 

La transformation de la pièce de vie a nécessité de déposer les fenêtres en PVC – qui avaient été posées en rénovation – au profit de doubles vitrages aux montants alu. Pour changer la fenêtre centrale en porte-fenêtre, il a fallu faire une demande préalable à la mairie. « Nous en avons profité pour changer les dormants, ce qui nous a permis de gagner en surface vitrée »,

 

Le tout compose maintenant une large pièce de vie, ouverte sur le jardin de la copropriété, dont Carole et Robin ont la jouissance exclusive.

 

Les propriétaires, qui n’avaient pas eu l’occasion de faire des aménagements design dans leur précédent appartement, se sont passionnés pour leur rénovation et se sont beaucoup impliqués dans la recherche stylistique. Ils se sont entendus sur la volonté d’une cuisine en bois qui ne prenne pas trop de place, sur un escalier léger qui semble voler et sur leur important besoin de rangements.

 

Nous avons proposé cette étonnante cuisine, à la fois radicalement contemporaine et délicieusement vintage. Pas d’îlot ni de plan en U comme il est de coutume aujourd’hui, mais des meubles en menuiserie et une table avec des chaises.

 

Le tout dans un cocon vert émeraude, du sol au plafond, « pour faire entrer la nature du jardin dans la maison ».

Le cadre des meubles a été réalisé en chêne massif assemblé à queues-d’arondes et les façades en contreplaqué de bouleau finies par un stratifié blanc haute résistance.

 

Les meubles hauts de la cuisine sont partis d’une envie de Carole, qui souhaitait deux boîtes posées sur une étagère. Les cannelures faites à la défonceuse sur le stratifié ont été rajoutées par les ébénistes pour apporter du graphisme.

 

Sur le côté droit de la cuisine, de grands coulissants dissimulent les fours, le combiné, le lave-vaisselle et le petit électroménager. Ainsi, la pièce est toujours parfaitement rangée.

 

La famille avait grand besoin d’espace de rangement dans un appartement pour quatre personnes qui ne fait somme toute que 70 m². Tristan Ponsot a imaginé un astucieux placard de 7 mètres de long sur 60 centimètres de profondeur, accroché à plus de 2 mètres de haut.

 

ESCALIER

L’escalier prend des airs de sculpture et habille le mur faisant face à la cuisine. Pour répondre au souhait des propriétaires d’une montée discrète et qui donne l’impression de s’envoler, l’architecte d’intérieur a dessiné cet escalier en métal blanc. Trois marches en chêne dont l’intérieur sert de bibliothèque et le meuble filant encadrent l’escalier. La partie centrale, fixée par le haut à une poutre porteuse rajoutée, semble en lévitation. Sa résille de métal aux fins montants de 2,5 centimètres a été boulonnée sur place.

 

Afin de conserver les caractéristiques haussmanniennes de l’appartement, les moulures du plafond ont été refaites à l’identique côté escalier et les finitions particulièrement soignées : « Un soffite encadre le plafond d’origine dans laquelle se dissimulent les câbles de l’électricité qui a été entièrement refaite. Cela permet également de séquencer le plafond entre zone séjour et cuisine »

 

 

CHAMBRE

La chambre des deux garçons occupe le volume entier du studio de 25 m² qu’ont acquis Carole et Robin pour agrandir leur appartement. Les parents n’ont pas voulu séparer les enfants pour l’instant, mais tout a été prévu pour pouvoir scinder la pièce dans le futur.

 

Pour le moment, l’espace de chacun est matérialisé au sol par deux finitions différentes, parquet et moquette : une nouvelle application de la notion japonaise de « ma » qu’affectionne Tristan.

 

Le fond de la pièce est occupé par l’escalier, caché en partie par une cloison ciel et blanche : « Elle n’atteint que partiellement le plafond afin de laisser filer le regard et valoriser les moulures de cet ancien immeuble bourgeois », explique Tristan.

 

Il faut s’imaginer que derrière cette cloison un plafond vitré couvre l’escalier afin de récupérer la lumière naturelle de la chambre d’enfants. Ce plafond permet également l’isolation acoustique de la pièce.